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lundi 25 juillet 2016

Arlette arrête de te protéger!

C'est sorti de la bouche de cette petite femme fragile, qui d'habitude ne s'exprime que très peu. "Il est temps que tu arrêtes de te protéger, tous ces kilos boucliers ne t'ont servi à rien"

La remarque était juste, percutante.

Et elle tombe à pic. Je n'arrive plus à avaler sans nausées. Alors à quoi bon?

Et puis ça fait des économies.

mardi 19 novembre 2013

La vie de David Gale- Alan Parker, Kevin Spacey, Kate Winslet

Un film. Dont on va vous dire qu'il traite surtout de la peine de mort au Texas, du "couloir de la mort" et du militantisme.

Moi, j'ai vu un homme. Dont la vie bascule à partir du moment où une salope sans intérêt et un peu dérangée (pas tranquille dans sa tête, comme on dit dans le coin de Marseille) le piège. La douleur de ne plus revoir son fils le conduit à se suicider au "couloir de la mort". Un suicide qui dure des années, minute après minute.

Moi, j'ai trois fils, et comme David Gale, je souffre d'être privée de l'un d'eux. Des douleurs snipers m'assaillent sans prévenir. Au détour d'une conversation. Dans le sourire de mon Bambin, ses moustaches de lait au chocolat, le matin, sa façon d'enfiler son pull à l'envers. Sur une image aperçue dans un fond d'écran. Une paire de chaussettes qui lui a appartenue. Une marque de gâteaux secs.
On a beau prendre des précautions, faire disparaître les objets "à risque", ne pas prononcer son prénom, rien n'y fait. Les larmes surgissent au moment où on s'y attend le moins. Une aiguille qu'on enfonce dans votre coeur de mère. Celui qui est dimensionné pour aimer inconditionnellement tout ce qui est sorti de votre ventre.


Le point commun avec David Gale, sa vie, son histoire, c'est la haine gratuite et aveugle qui anime certains humains. Qu'ils soient gouverneurs d'un Etat ou pas. Séparer un enfant de sa mère procure-t-il du bonheur, comme envoyer un homme dans le couloir de la mort?

lundi 4 novembre 2013

Les mamans, c'est venu au monde pour ça.

Alexandre Dumas.

Les mamans. On en a écrit, imprimé, des maximes bien pensées sur les mamans. Elles font le bonheur des institutrices en période de fête des mères.
Les mamans sont peut-être les personnes que les enfants font le plus souffrir. Demandez-moi, je sais de quoi je parle.

Les mamans, c'est aussi des coeurs, des yeux, des oreilles, des sixièmes sens qui captent - ou pas- des tas de signaux. Ou des images. Mon grand, ce matin, jean neuf, pull ciel et col blanc sur cheveux propres pas attachés. Alors que je me désespère de les lui voir couper. Si beau.
Des phrases relevées sur le trajet de l'école "L'île Blanche, c'est la plus belle de toutes les maisons que je connais" -Pourquoi? "Parce que j'y habite avec toi".
Les mamans, c'est des brassées d'espoirs. D'inquiétude. D'angoisse.
Les mamans, c'est fragile.
Mais pas toutes.

lundi 28 octobre 2013

Arlette regarde ses bébés dormir

Après une semaine de vacances en compagnie de son alter-ego, Monsieur Ferdinand, mon Bambin a eu du mal à s'endormir hier soir. Il a donc déménagé chez son frère, et au matin, voici ce qui me fait fondre.
Mes bébés dans un grand lit. Le troisième, l'Absent, dans nos coeurs.
Mon tableau de famille. Amputée.


lundi 27 mai 2013

Arlette, ses fils, sa fête.




Depuis vendredi soir, il prenait des airs mystérieux et chuchotait à l'oreille de la grand-mère présente à la maison, en petit conspirateur. Il aurait aussi voulu accélérer le temps...Il a donné ses consignes samedi soir "demain matin, tu ne viens pas me réveiller avec un câlin".
Dimanche matin, grattouillis de guitare sur le canapé devant la porte de ma chambre. Il était là, dans le soleil du matin, tout blond et bleu. Le plus merveilleux des cadeaux pour une maman à qui on a enlevé son enfant aussi longtemps. Quelques heures plus tard, le Grand est rentré de sa rando nocturne (les allumés de la pleine lune à St Cézaire), et un bouquet vert et blanc, d'une délicatesse adorable est apparu comme par magie.
Et contrairement à l'an passé, mon Second, l'Absent, ne m'a pas appelé au téléphone pour m'insulter. On fête aujourd'hui nos "1 an". 1 an sans le voir, l'entendre ou le lire. Puisse cet anniversaire t'apporter autant de joie qu'il me procure de douleur, mon chéri!
2013, un bon crû.

vendredi 24 mai 2013

Mon enfant, le matin.

Pendant ces longues années de séparation inique, ces petits moments lui ont été volés. Et à moi aussi. Le matin. Je le regarde dormir. Petite chose recroquevillée ou étirée, c'est selon. Visage reposé, menottes tendues au dessus de la tête, bouclettes en bataille. Puis, je me glisse près de lui, dans la chaleur du sommeil. Par bonheur, il dort "en bas". Il se love contre moi, dans la semi-inconscience et la douceur du réveil, et m'entoure de ses bras. Et à chaque fois, il murmure ces mots qui déchirent le coeur d'une maman " je resterai toujours avec toi, jusqu'à la fin de ma vie".
Pour une autre, c'est juste des paroles d'amour charmantes. Pour nous, elles sont chargées de la souffrance atroce de ces années de séparation, impossibles à oublier.

lundi 29 avril 2013

Conversation automobile: quand Bambin compte

Mon chaton, samedi prochain, à midi, on ira chercher Gauthier à la sortie de son DS et je vous emmène chez Grand-père et Grand-mère.
Ha, ben, non, c'est pas possible, samedi, il y a Ferdinand.
Oui, mais Ferdinand, tu le vois une semaine sur deux, GP et GM, non.
Ha, non, c'est pas une semaine sur deux. C'est que du mercredi soir au mardi matin. Sa maman, elle a un jour de plus! C'est pas juste!
Mon chéri, tu sais, moi, je suis une maman, je sais combien c'est important d'avoir son enfant près de soi, et même si ça te ferait plaisir d'avoir Ferdinand un jour de plus, c'est comme ça. Je ne peux pas souhaiter priver une maman de son enfant.
Oui, mais la maman de Ferdinand, elle est méchante avec nous. Alors!
Alors, on explique que oui, la maman veut se venger, qu'elle est malheureuse d'avoir perdu son mari, mais que ça, c'est des histoires de grands et que c'est pas une raison pour lui faire encore plus de mal en essayant de la priver de son enfant. Nous, on les aime les enfants. On ne veut pas s'en servir pour faire du mal aux autres adultes. On ne veut pas non plus faire de mal aux autres adultes. Ils s'en font déjà assez tout seuls...
Et là, la petite voix qui calcule...Oui, toi, c'est 3 ans que tu as été privée de moi. Et même qu'aux vacances de Noël, je pouvais t'avoir qu'une semaine!

Parfois, on pense que les petits n'ont pas la notion du temps. Que celle-ci ne s'installe que vers 14 ans. Pourtant, chaque journée où il a été privé de maman a compté cruellement pour cet enfant. Chaque jour, il me dit, avec ses mots, le bonheur que nous soyons enfin ensemble.
Jamais il ne parle de ceux qui en ont fait un orphelin.
Jamais il n'évoque ni ne réclame les geôliers de ces années noires, uniquement éclairées par les vacances scolaires et mes visites toutes les 3 semaines.
Ce matin, pourtant, " j'aimerais reparler à mes copains d'avant". Parce que Eloi ne m'a toujours pas donné la carte Pokémon qu'il me doit. Plus une info sur Minecraft à transmettre à un autre petit garçon.

vendredi 14 décembre 2012

Je t'écris...

En voyant la carte prête à poster, Gauthier a dit "c'est bizarre, ce truc, j'ai l'impression de le connaître, il est trop cool!". Voilà, c'est exactement ça, un enfant qui a grandit dans un univers artistique foisonnant. Il ne se la pète pas avec les noms des oeuvres. Mon chaton, dans moins de 10 jours, promis, on va la revoir en vrai, cette sculpture!

vendredi 23 novembre 2012

Je t'écris

Puisqu'on ne peut pas communiquer hors de nos rendez-vous mensuels, je t'écris. Tout au long d'une journée, j'ai mille petites choses à te dire. Le petit robot que Ferdinand a fabriqué, et qu'il avait oublié hier matin dans la voiture. Il l'a empoché ce matin, dans sa nouvelle veste douce. Ils ont reçu tous les trois une veste à zip et capuche. On dirait le "rhabillage" de rentrée d'une grand-mère. Bien sûr, ce ne sont pas mes goûts... Hier, je suis montée jardiner dans la restanque. J'ai planté un plumbago derrière le mur de pierre, juste en face de la porte d'entrée. C'est un pied que j'ai récupéré au bord d'un chemin, un marcottage naturel d'un gros buisson. J'en ai mis un autre le long de la maison des enfants. J'ai bon espoir qu'ils reprennent, puisqu'ils avaient des racines! J'en ai aussi fait des boutures, et cette fois, j'ai fait deux types de substrat. Les livres de jardinage ne disent pas tous la même chose, alors...J'ai aussi bouturé crâne d'oeuf, grâce aux petites branches que tu avais coupées. Ce serait rigolo qu'elles prennent! On aurait toute une famille de crâne d'oeuf dans le jardin! En attendant, j'arrose crâne d'oeuf avec l'eau de cuisson des légumes. Pour lui donner des vitamines...Je crois que les santolines que j'ai bouturées directement dans la terre de la restanque ont pris. Je vais les entretenir, et au printemps, on verra comment les repiquer ailleurs. Le rosier de Mme B., le Pierre de Ronsard a l'air d'avoir repris correctement lui aussi. tu vois, ce que j'adore dans ce jardin, c'est que chaque plante a une histoire. Derrière son nom, on peut nommer la personne qui nous l'a donnée, ou bien l'endroit d'où elle provient. Comme tes doudous! Pour chacun, je me souviens de la personne qui te les a offerts. Au fait, tu sais que j'ai retrouvé Lapin? Il a été lavé, et il trône dans mon étagère à vêtements. Il surveille les tee-shirts.
J'ai commencé aussi à récupérer des tas d'emballages vides pour mes semis et boutures. ça énerve un peu Fabrice, parce qu'il faut stocker tout ça et qu'il préférerait faire place nette en jetant tout à la poubelle. Pour moi, c'est presque un déchirement de jeter tous ces contenants qui coûtent si cher (à la planète) à produire! Hier, j'ai encore déplacé un chargement de cailloux que le terrassier a apporté. Chaque matin, je me lève avec l'impression d'avoir 100 ans. En ce moment, j'écoute "L'enfant Allemand" dans mon téléphone, en jardinant et en "faisant" du cailloux. Et dans la voiture qui emmène les garçons à l'école le matin, on a "zazie dans le métro". Tu vas adorer...
Je t'aime mon chéri. Vivement vendredi soir prochain...;)
Maman.

samedi 17 novembre 2012

Arlette écrit des cartes postales


Pour parfaire l'éducation artistique de mon Bambin, je lui partage mes images préférées...

Arlette à la fondation MAEGHT

Je voulais acheter des cartes postales pour toi, mon Bambin. Ecrire, une carte postale, ce n'est pas anodin. Tout compte. Plus que ce qu'on gribouille au dos de la carte, le choix d'icelle, le moment, le lieu, tout ce qui entoure son achat, sa rédaction, le timbre qu'on y colle, tout cela fait partie de la relation postale. Une carte choisie dans un endroit que l'on a eu plaisir à visiter, écrite à une table de bistrot ensoleillée, par exemple devant la mer, ou sur la place des arcades à Valbonne, un autre jour que le vendredi matin, des timbres à "message" - en ce moment, je t'envoie la série des Petit Nicolas!
On a reçu une carte de Mido récemment, représentant une réalisation de Balthar. De très jolies couleurs, un trait agréable et léger. Le genre de carte qu'on conserve, qu'on a envie d'exposer, qui dénote de la personnalité de celle qui l'a choisie. Elle est allée visiter une expo. Certainement un bon moment pour elle. Un voyage à Paris pas anodin, riche de rencontres...Tout comme les cartes d'anniversaire de Grand-mère. Choisies avec soin.
Alors, je suis allée à St Paul, à la Fondation. C'était ta première visite de la fondation, à Pâques 2008, il y a 4 ans. Tu es photographié dans les pattes des bronzes de Giacometti...
Le parc a changé un peu. Regarde. je t'ai rapporté quelques images. On y retournera, aux prochaines vacances...Cette lumière incomparable à travers les pins...


Arlette et les haricots magiques

Faire germer un haricot. Cela fait partie de mes obsessions. Je me souviens de ces moments magiques à l'école primaire, lorsque les germes sortaient dans le coton hydrophile. Ces observations quotidiennes, la course avec les copines. La chance de voir tout le monde sur le pied d'égalité du hasard. Pour une fois, même les cancres avérés avaient leur chance. Pour une fois, pauvres, riches, pouilleux, fils de pilier de bistrot, de commère du marché, de la directrice partaient nantis des mêmes chances.
Puis, est venue ma rencontre avec Sempé et Gosciny. La maman du petit Nicolas lui propose, pour s'occuper alors qu'elle a une tonne de choses à faire dans la maison -le sacro-saint ménage- de faire germer un haricot. Une de mes histoires préférées, (avec Clotaire a des lunettes, et la photo de classe). Puisqu'on a lu à deux voix et quatre mains...puisque dans la famille, un de tes frères a été un germeur de haricot émérite, jusqu'à obtenir à son tour des bébés haricots en pot, je t'ai proposé de faire germer des haricots.
 Avec beaucoup d'humour, on s'est amusés à aller soulever le tissu humide toutes les 5 minutes. Bien sûr, cela n'amusait que nous...Et puis, je t'ai donné le choix: repiquage dans un substrat neutre de tourbe et sable, ou continuer dans le tissu? Tu as préféré le tissu, j'ai choisi le repiquage.
En bonne mère pédagogue, je te fais part ici des avancées de nos cultures. Visiblement, le substrat, même neutre, est plus favorable...
Rendez-vous...dans quelques jours!
Love. Maman.

Arlette, un pot d'amour

C'était un petit pot de terre, décoré par mon Bambin. Il avait dû batailler pour pouvoir me l'offrir, à moi, sa maman. C'était il y a deux ans. Oh, je ne l'avais pas eu tout de suite! Quelques semaines après. Comme un truc qu'on met au rebut. Mais pour moi, c'était plus important que tout.
Alors, je l'ai soignée, sa petite plante. Depuis deux ans, elle n'a jamais manqué d'eau. Le pot devenu trop petit, je lui ai offert une vie nouvelle. De la bonne terre, riche, pour qu'elle y puise ses nutriments. Au lieu de continuer à végéter, elle explose. Elle s'ouvre, grandit, reverdit, fleurit!
Regarde, mon chaton!
Love. Maman.

mardi 16 octobre 2012

Maman, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle...

Allez, dis moi la bonne...
C'était le retour de weekend avec Bambin. Retard d'avion, décalage de température, éternuements et panier de linge sale débordant...
Bon, j'ai eu 18 en colle de math, et 19.5 à mon DS de physique.
Et il faut refaire un chèque pour la cantine.
Ouf...