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dimanche 24 juillet 2016

Arlette croise son ex à la tombée du jour

C'était hier soir, à la tombée du jour, juste avant Gourdon. J'ai croisé son ex-voiture, celle dont il s'est récemment défait, et dont la couleur klaxonnante ne permettait pas de la manquer. Même au coucher du soleil.
Ça n'a beau être qu'un tas de ferraille sur roues, il n'empêche que la vue de cette voiture me rappelle la première fois où il m'a attendue à la gare d'Aix en Provence. Puis d'autres escapades qui ont suivi.
Des transports de matériaux divers, parpaings, sacs de ciment, pour construire petit à petit nos murs.
Et puis un jour, il s'en est débarrassé.
Il n'était pas question que je donne mon avis.
On ne conserve pas une voiture, juste parce qu'elle vous rappelle des souvenirs ou qu'elle peut servir aux enfants qui reviennent de temps en temps à la maison, ou à transporter des tas de merveilles trouvées à bas prix sur le bon coin.

Bref, j'ai croisé son ex-voiture. Et ça ne m'a pas laissée indifférente.

vendredi 25 mars 2016

Arlette, en toute intimité

Epuisée. Epuisée "de partout". Du corps, du dos, de la tête, des bras, des yeux, du coeur. Epuisée comme jamais. Epuisée et seule. Terrible, ça, quand on a des projets pour "exponentielle 2". Je suis cette fourmi qui pousse une graine plus grosse qu'elle, et qu'un gamin un peu cruel renvoie à sa case départ avec un petit bâton en se marrant. Pour la regarder à nouveau s'escrimer à remonter sa pente. Des balles de paille à monter à la brouette sur des pistes défoncées, des arbres à planter dans un sol argileux et tout le reste...
Alors là, dans une semaine, il y a des vacances. Je vais poser Bambin sur un ballot à côté de ma grelinette, et l'écouter m'encourager. M'admirer. Me dire je t'aime maman. S'étonner. On va essayer de venir à bout de nos montagnes en les grignotant petit à petit. Toutes les leçons qu'il a zappées depuis la rentrée. Parce qu'il n'aime pas l'école. Et que l'école ne l'aime pas. Je vais me rassurer en calculant des fractions du reste du reste pour savoir combien de joueurs portent un maillot rayé. Essere Avere et les autres à toutes les personnes. Sans objectif. Sans l'effroyable pendule qui dit "c'est l'heure de". Sans changer 10 fois de chaussures et de fringues dans la journée.
Et on va tenter de se raccommoder.

mardi 27 octobre 2015

Arlette et son poisson

 J'avais fabriqué ce poisson, dans une vie antérieure. Un atelier de dame, l'après-midi, chez une fille délicieuse, Roseline. Puis je l'ai transporté dans ma nouvelle vie. J'y ajoutais de temps en temps un ruban, une carte, une image, ces insignifiantes dont j'étais seule à connaitre la valeur.

Devenu indésirable, il a disparu cet après-midi dans la benne de la déchetterie. Son éviction s'est faite en plusieurs étapes. Petit à petit il est sorti de la maison, a séjourné sur la terrasse, puis dans le coffre de la voiture...
Quelle fierté d'avoir réussi à me délester de ça aussi! 
Comme le fidèle qui travaille à gagner son ciel, je progresse doucement vers l'indifférence totale. Et salvatrice.

On s'évertue à enseigner aux enfants le respect des personnes  et des objets. C'est ridicule. La plupart s'attachent. Alors que le bonheur et le salut résident dans l'indifférence.
Et le détachement.

Arlette révise sa leçon

Aujourd'hui, j'ai ressenti de la colère. C'est un sentiment étrange et auquel je ne suis pas habituée. Je l'ai examinée avec un peu de recul. Tiens? Salut, qu'est-ce que se passe? (la formulation ne comporte pas de faute de frappe). Comment se fait-il que tu sois là?
On a conversé, dialogué et je l'ai accueillie, accorte.

Et puis, il y a eu ce post d'une amie. "La fin d'un amour", les feuilles rouge sang, tout ça.

Et aussi le temps un peu maussade, la bruine de ce mardi.

La leçon sur les phases du deuil. Là, sur l'image. Elle sait le chemin qu'elle va devoir parcourir, si elle ne tente pas de revenir en arrière.

Mais où sont les pleurs, la tristesse, la douleur?

Arlette se penche en arrière

Se pencher en arrière, c'est dangereux. On risque gros. Il suffit de peu. Une seconde d'inattention, un regard détourné, et c'est la chute...
Aujourd'hui, je me suis penchée. Un jaillissement de lucidité, un éclairage différent, qui sait? Certains enfants se comportent comme des adultes responsables et civilisés, faisant par là preuve d'une maturité admirable , une façon comme une autre de manifester son amour à son papa ou à sa maman.

Je me suis entendue l'expliquer à un proche.
Moi, qui donne des leçons alors que j'ai perdu un fils pour avoir refusé le compromis et le chantage.
J'ai entendu sa voix pour la dernière fois le 3 juin 2012. Une salve d'insultes. Un texto lâche et bidon.
La magie du cloud qui permet de remettre des dates, là où la mémoire finit pas faire défaut et jouer les complaisantes. Le noter dans le carnet-à-qui-on-peut-tout-dire.

Il aura 20 ans dans quelques mois.
Dont presque 4 de silence. D'oubli. De Néant.

samedi 3 janvier 2015

Arlette et les lumières de fin du monde

Ce soir, vers 17h, une lumière rose, nostalgie de fin du monde. J'ai eu la chance de saisir ces instants, mal rendus sur la photo, pisque chus pas pro, et que l'expression des chavirages n'est pas mon fort.

Il flotte dans l'air une sorte de finitude. Et pas que sur la côte d'azur, puisque ceux qui suivent Fish-le-poète ont certainement remarqué que.

Plus qu'une journée de parenthèse. Et aucune autre en vue.

vendredi 28 novembre 2014

Arlette renoue avec l'EDHEC

Deux fois en un mois, après une pause de 25 ans, c'est un record! Faut-il y voir un signe? Ou alors, est-ce qu'une génération, c'est le temps minimum pour digérer ses études et revenir hanter épisodiquement des lieux qu'on n'a même pas connus, "tellement ils n'étaient même pas sortis de terre à l'époque"? - la bancalité de cette expression me ravit!
l'Edhec - maintenant Edhec Business School ('ttention!), ça a été 3 ans de ma vie.
3 années qui ont compté.
C'est devenu un bâtiment sur la prom', où je fais des rencontres. Et je reçois en retour l'espèce de sentiment que j'y suis encore à ma place.
mmmmhm!


Oui, bon, j'ai encore une marge de progrès sur le selfie.

dimanche 20 octobre 2013

Arlette regarde son fils bosser

Je le vois peu. Il part tôt, rentre tard. Il aimerait que je lui offre l'internat. Pour travailler plus, et profiter de la dynamique de groupe. Hélas...
Il était premier de sa sup' l'an passé. Cette année, c'est plus dur. Il a choisi MP. Une filière d'excellence. Pas facile. 7 à la maison, une semaine sur deux, pas facile de se mettre dans l'ambiance de travail, quand d'autres n'ont strictement rien à faire.
Aujourd'hui, il a fait son programme de travail des vacances. 8h-22h.
J'ai pris un bouquin, et je suis venue m'installer près de lui, en silence, sur son lit. Je regarde son dos penché sur ses cours. Je sais que c'est dur. De s'y mettre. De tenir.
Je lui demande ce qu'il fait. Des développements limités. Des termes qui me rappellent vaguement des souvenirs. C'est avec son papa qu'il devrait partager ces choses-là...
Alors, je me contente d'être là. En espérant naïvement que ma présence silencieuse suffira à lui donner courage.

Arlette frissonne à la fête de la courge

Ipomées, cosmos, anthémis en pleine explosion de couleur, et pourtant, l'automne s'installe. Un journée au ciel un peu nuageux, l'absence de vent, cette douceur de l'air ambiant, dont on ne saurait dire la température, tant il enveloppe sans se faire remarquer. Les fraises qui mûrissent moins vite. Les oliviers, lourds de fruits. Un peu de buée sur les vitres de la voiture au petit matin...
Et pourtant, on n'a pas encore "rallumé le chauffage". Le thermomètre affiche 21 dans la maison. Mais une espèce de torpeur nous envahit et nous fait nous enrouler dans une étole.
Avec mélancolie.