samedi 26 décembre 2015

Arlette téléphone à son frère

C'est rare que nous avions une conversation téléphonique. C'est arrivé hier, au sujet d'une paire de skis, et il a entendu la voix de mon fils en arrière plan. Sonore. Ha! Gauthier, bonjour! Tu sais que tu nous as fait bien rire, quand Juliette nous a montré des photos de cet été, parce que tu ressemble trait pour trait à Ilan Volkov.

Dans une famille normale, suivant les centres d'intérêts, on aurait cité Julien Lepers, Brad Pitt ou le mec de l'accueil chez Briconautes. Dans une famille normale.

vendredi 18 décembre 2015

Arlette se fait draguer

Hé oui, ça existe. Je n'ai pas peur de vous rapporter ci dessous l'édifiante conversation que j'ai eue avec un "ami Facebook" de quelques secondes.
Souhaitant relancer l'audience de ma page, et découvrir de nouvelles pépites d'humour et de culture virtuelles, j'ai lancé des invitations sur la base des statistiques.
T'es ami avec qqn que j'apprécie, donc tu es "digne" de figurer parmi mes like.
Cependant, on peut avoir des surprises.
Ce fut le cas avec PC, ami éclair.
Edifiant.
Je me demande parfois comment ça peut fonctionner?
Sachant que dans le même temps, une amie m'envoyait un avertissement "vire P. de tes amis, il drague tes contacts, parce que le monsieur a le copier-coller facile..."
Moins d'une minute.

"Bonjour P, Merci d'avoir accepté mon invitation, voici l'adresse de ma page pro, que vous pouvez liker si vous la trouvez jolie! merci par avance! https://www.facebook.com/GuestHouseIleBlanche/?pnref=lhc
Maison d'amis indépendante location B&B ou meublé sans petit déjeuner# maison d'hôtes#chambre d'hôtes# location vacances# cote d'azur# bandb

"Ok
Merci!
Derien sinon je suis P. et vous
Sandrine, Maison d'hôtes Ile Blanche au Rouret
Ah ok enchanté tu est marié ?
oui
Ah ok , sinon je suis célibataire , et j'aimerais faire connaissance , parce que je trouve votre hôtel très beau

Merci.
derien ...sinon moi je suis dans l'import_export
Fin de la conversation

Arlette, blonde multifonctions

Je me suis récemment découvert une fonctionnalité jusqu'alors insoupçonnée, et pourtant comprise dans le prix d'achat. Je suis équipée d'un détecteur à sulfites. Oui-oui-oui! Parfaitement!
Et je vous propose mes services gratuitement!
Vous désirez savoir si le grand cru dont vous vous apprêtez à remplir vos caves n'est pas frelaté aux sulfites? Envoyez-moi une bouteille, à la première gorgée, je vous informe de la teneur du susdit.
Moins de 3 éternuements en rafale, correct, mais ne forcez pas sur les quantités. Entre 3 et 10, essayez le château voisin, plus de 10, passez votre chemin, ou bien réservez-le à votre belle-mère.
Cool nan?
Le problème c'est qu'un détecteur pareil colle la honte dans les cocktails. Plus moyen de filouter!

Arlette joue à la maman

Il est là. Récupéré à la concession Mercedes de Villeneuve Louvet. Barbu, chevelu, mais propre. Jusqu'à vendredi!

vendredi 11 décembre 2015

Arlette fait son point

A la veille d'un deuxième tour et des réunions de famille de fin d'année, j'éprouve le besoin de faire le point. De "poser" tout ce qui bouillonne en moi, provoqué par le coup de projecteur d'un premier tour des régionales, qui détourne l'attention de tous.
Les personnes qui vont m'entourer en cette fin d'année, et qui ont elles aussi besoin "d'exprimer" appartiennent à cette gauche intellectuelle, qui consacre beaucoup de temps à lire, discuter, commenter, et écouter les petites phrases que les uns et les autres s'envoient par médias interposés. Ce sont des "enfants de l'après-guerre", qui ont surtout connu la croissance, le progrès social et technologique, et n'ont jamais eu à se battre pour obtenir un job ou le conserver. Ils ont fait d'honnêtes carrières dans la fonction publique, et profitent d'une retraite agréable et douce, agrémentée de voyages lointains, de villégiatures au soleil. Ils se sont engagés auprès de comités de défense de la culture ici, ou du développement de leur commune là. Ils prônent la tolérance, l'écologie et le développement durable. Ils disent qu'ils ont peur de la montée du FN.
Ils se posent la question de l'utilité de leur vote. Certains même, n'iront peut-être même pas voter à ce second tour.
Et auront certainement des bonnes raisons. Déculpabilisantes.

Moi, je ne suis qu'une basique blonde, enfant de Mai 68. J'ai choisi de faire les études qui minimiseraient le risque de ne pas avoir de boulot à la sortie. Pas celles que mes envies me dictaient. J'ai grandi dans la crainte du chômage, de la Essdé-éfisation, j'ai changé de nombreuses fois de travail, de statut, de région, pour tenter de gommer toutes ces erreurs d'aiguillage et trouver enfin une voie dans laquelle je puisse apporter ce que je considère comme "ma pierre". Je vis dans une précarité qui peut me faire plonger "de l'autre côté " du jour au lendemain. Je ne suis pas préoccupée de mon prochain voyage à l'autre bout du monde, ou de trouver un sac de "marque" au meilleur prix. Je ne regarde pas la télé. Je ne suis même pas capable de citer le nom de 3 ministres du gouvernement actuel. J'ai mis plus d'un an à intégrer que Hollande était président.
Mais je sais combien de mes ancêtres sont morts pour faire appliquer la "déclaration des droits de l'homme et du citoyen". Je sais combien ont combattu et ont tout sacrifié pour qu'aujourd'hui, nous ayons le droit de vote. Entre autres droits. Je sais que c'est un luxe que bien d'autres nous envient. Je sais combien de femmes ont lutté pour que "pas seulement les hommes" puissent voter. Pour être reconnues comme autre chose que des pondeuses ménagères. Je sais combien les guerres pour "la souveraineté nationale" ont coûté de vies, de compromis économiques dont nous ayons toujours les conséquences et que si personne n'avait empêché Hitler de conquérir la France, le problème du vote ne se poserait pas aujourd'hui.
Je sais aussi que j'ai la chance de ne pas vivre dans un pays à liste unique, vote obligatoire et disparition mystérieuse en cas d'absence aux urnes.
Alors ne pas voter ce dimanche, alors que j'ai le choix des listes, qu'on me donne la possibilité de m'exprimer, ce serait comme de leur dire "j'en ai rien à foutre de vos luttes passées, de ce sang versé".

Tous les politiciens de gauche, de droite ou de milieu s'accordent à dire, depuis que le FN est devenu une menace significative pour leur petit confort et celui de leur "bande", qu'il représente une menace et qu'il faut "y faire barrage". Pour que des gens qui s'entredéchirent sur l'interprétation d'une "petite phrase" et ont vendu leur âme pour accéder à la potentialité du pouvoir soient d'accord sur ce point, c'est certainement qu'il y a une bonne raison.
Il n'y en a, selon l'expression consacrée, "aucun pour racheter l'autre". A quoi bon compter les casseroles, les filles cachées, les maîtresses et les cadavres dans les placards? A démontrer à sa femme, sa belle soeur, son cousin qu'il est un imbécile fini parce que "son camp" a fait pire que le vôtre? Ce serait plus simple de lui dire tout simplement non?

Alors, plutôt que de perdre mon temps en palabres, plutôt que de faire "comme eux", et de céder à la facilité de la critique de l'autre, j'ai agi.
J'ai secoué mon fils, dont jusqu'ici, je n'avais pas compris qu'il soit aussi préoccupé de s'inscrire sur les listes électorales, à l'approche de ses 18 ans. Il s'est débrouillé. A pris sur son temps de cours ou de loisir pour se rendre à la gendarmerie du coin et faire faire sa procuration. Je devrais la recevoir. Et ainsi contribuer à faire baisser l'abstention chez les 18-24 ans.
Et j'irai faire d'une pierre deux coups dimanche.
J'ai fait ma part.
Et vous?

lundi 7 décembre 2015

Arlette fait du prosélytisme pour changer le monde

J'ai été invitée à un évènement de networking. Pas celui du genre avec une PAF et des petits fours rassis. Et j'ai osé. En profiter pour semer une graine. ( nan, c'était pas une "partie" à plusieurs non plus). Ni une teuf de jardinage.
J'ai apporté ma "boîte à trop petit" pour la proposer à la ronde. Depuis que mes envies de partage, de durable et de "mobilisons-nous pour une vie meilleure et moins mercantile" me titillent, je me dis que parler c'est bien, agir c'est mieux.
La boîte n'est pas revenue pleine - pour mon plus grand bonheur-, je ne me suis pas fait huer "tu nous prends pour des pauvres?", et au passage quelqu'un a dit "ha la chemise blanche, c'est dommage qu'elle soit trop petite, justement mon fils en a besoin pour le concert de Noël et je n'en ai pas".
Le genre de truc qui ne sert pas souvent. Qu'on n'a pas envie d'acheter non plus. Bouge pas ma poule, j'en ai une plus grande, je vois C. mardi, elle te la fera passer. Si c'est pour une fois, c'est vraiment bête que tu en achètes une.

J'aurais pu ne rien dire. Constance, c'était la première fois que je la voyais. Je prends un risque immense, parce que peut-être que son fils va renverser du jus de fruit dessus, ou pire, du chocolat. Qu'elle sera lavée avec une autre lessive que la mienne. Que des personnes me prennent pour une déjantée...Faire de telles propositions à une inconnue!

Avec ce comportement rebelle, je nuis de plus gravement à la société. Constance n'engraissera pas un pétrolier en prenant sa voiture pour se rendre "au magasin". Elle ne fera pas entrer 20% de TVA dans les caisses de l'état tout en accentuant le déficit commercial de la France. Elle ne contribuera pas à ce qu'un enfant indien fasse des heures sup. Peut-être même que la chaîne de partage de chemise blanche taille 8-10 ans s'allongera jusqu'à ce que trop de nutella l'ai rendue inutilisable.

Quand on entend ce qu'on entend sur BFMTV un soir de St Nicolas 2015, quand on voit ce qu'on voit et qu'on lit ce qu'on lit, moi, je n'ai qu'une envie: agir avec mes petits moyens et suivant mes modestes convictions. Peut-être les gens seraient-ils moins, ou plus, si ils vivaient dans un environnement "mieuxveillant". (parce que plus bienveillant, ça arrache les oreilles, même internes).

vendredi 4 décembre 2015

Arlette fait ses courses en Yourte

Tout arrive, même la transplantation d'une Yourte mongole en terre azuréenne, très précisément à Roquefort les Pins.
Qu'y trouve-t'on?
Des tas de merveilles comme sur la photo ci-dessous, dont les fameux ponchos (non pas ceux d'en Condor Pasa ou des musiciens péruviens de la digue de Malo), en cachemire, unis, doux et aux couleurs tout à fait compatibles avec quelqu'un qui déteste DEsigual par exemple.
En plus, en achetant dans la Yourte, on fait une bonne action, puisque l'intégralité des fonds collectés par la vente des objets sert à financer les projets de l'association Grand Angle, qui oeuvre pour les populations défavorisées du Népal, Madagascar et du Laos. https://www.facebook.com/grandangle06/info/?tab=page_info

Il commence à faire frisquet, vous n'avez pas envie de vous farcir la cohue des centres commerciaux, alors, foncez à Roquefort. A vélo.





vendredi 27 novembre 2015

Arlette se documente sur le fist-fucking

C'est à cause de John. Irving. Dans son roman "À moi seul bien des personnages", il décrit un bar gay de San Francisco, et parle de la salle aménagée pour le fist-fucking. Oie blanche comme pas deux, et grande amatrice de solutions d'aménagement en général, votre Arlette se dit "à l'occasion, faudra que je consulte Google".

Il y a deux soirs, je me détendais avec monsieur Arlette, quand cela m'est tout à coup revenu à l'esprit.
"tu peux me passer ton iPad, please?"
"pour quoi faire?" notez la réaction typiquement masculine (je dois d'abord juger si sa demande est recevable. Vais pas allonger mon bras pour des clopinettes)
" pour regarder fisc-fucking dans Google"

Evidemment, il ne s'attendait pas à ça, du coup, il m'a déverrouillé l'objet intrigué.
Alors que je lisais l'article de Wikipédia jusqu'au bout, il me dit 
"ha ben tien, justement faut que je te montre un truc sur le sujet qu'"on" nous a partagé au bureau".

Il s'agit d'un petit film de présentation de la Fistinière, une maison d'hôte spécialement dédiée à la discipline. Le film dure un petit quart d'heure, il est dispo sur Youtube, et hormis le sujet assez particulier, il est tourné sur un ton documentaire tout à fait correct. J'ai beaucoup aimé les témoignages des intervenants, sincères, précis, honnêtes, sans velléité de prosélytisme, la visite filmée des lieux, les explications techniques, les consignes de sécurité et d'hygiène...J'ai adoré le témoignage de la soeur du maître du céans, touchant de conviction.
Maintenant, quand le sujet viendra sur le tapis dans les dîners mondains, je ne me retrouverai pas comme une nouille muette, et je pourrai répartir.

Ce film, qui a été visionné plus d'un million de fois, avec des commentaires sont plutôt marrants, car les jeux de mots fusent, vous fera passer un agréable moment en famille.
Si vous êtes responsable com d'une boîte à dominante masculine, vous pouvez aussi l'utiliser comme outil professionnel de communication interne. 

N'empêche, 1 millions de vues, ça doit en faire des clients. C'est pas avec mes tomates bio que je vais atteindre ces scores-là à Lîle Blanche...

mardi 24 novembre 2015

Arlette est la voyante

Ce soir, je suis seule avec Bambin. Dîner professionnel. A la tête d'un grand capital-temps, j'ai décidé de m'offrir cette délicieuse récréation: vérifier point par point les prédictions de l'Astro 2015 de Femme Actuelle. Le seul vrai Hors-série qui vaille en la matière.
Bien que ma "bonne copine" ne soit plus là, je  respecte tant bien que mal les traditions. Les soirées "tirage de cartes" doivent obligatoirement comporter un certain degré d'alcool, de cynisme, de non-dits et de confidences, si possible de la fumée de cigarette, et une bougie orange-cannelle. J'ai trouvé un fond d'Absolut qui colle avec la situation, et les restes d'artichaut brûlé d'hier devraient "le faire" pour la fumée. Bougie en place, go!

Si vous avez des questions concernant votre propre signe astrologique, chui z'à votre dispo.

Arlette et son appli "Results"

La semaine dernière, j'ai chargé l'appli "Results". Grand moment palpitant. Normalement, acheter une appli sur un iPhone c'est simple comme bonjour. Sauf qu'il faut se souvenir de son mot de passe. Puis,  si le partage familial est activé dans votre petite communauté, aller demander le code spécial au détenteur de la carte bleue "maître". S'en souvenir, et ensuite, se dépêcher de récupérer l'appli avant qu'un autre membre de la famille ne la charge avant vous.
Bref, si apple vous propose le partage familial dites "NON" des deux mains.

Ensuite, il y a eu les exercices d'évaluation, qui permettent de fixer votre plan d'entraînement. Comme je les ai "faits" allongée sur mon lit en zappant et en rentrant des données au pif, ils m'ont calculé un plan de superman. Du coup, courbatures, et "aménagements".
C'est pas perdu pour tout le monde, puisque la totalité du programme est disponible sur plusieurs appareils...

Mais quand je regarde les snapshots (hé oui, regarder ça fait pas mal), je me demande si le personnage est réel ou virtuel...

Arlette fait ses courses à Biocoop

Me retrouver poussant un caddie dans Biocoop, c'était pas gagné. D'abord parce que c'est loin. Mon infaillible téléphone indique 11 km. Et surtout, ce Biocoop est situé dans l'endroit que j'ai détesté cordialement dès le premier jour où j'ai mis les roues dans le département : Mouans-Sartoux. Cerise sur le gâteau, le parking comprend au plus 12 places, dans une zone où ces dernières sont rares.
Un biocoop, normalement, vous l'imaginez au milieu des champs, avec des arbres et des prés à proximité, un peu de forêt, du calme et de la sérénité (autrement qu'en cristaux)mais pas entre l'entrée de l'autoroute et la caserne de pompiers...
Néanmoins, et grâce à la liste que Cécile m'avait envoyée le matin, je suis sortie vivante de cette aventure. Mais fatiguée. Cette ville-zone commerciale grouillante me plomber et traquer le gluten, le lactose et la calorie vicieuse, c'est pas une mince affaire, quand c'est écrit en tout petit sur les paquets.
Maintenant, reste plus qu'à utiliser tout ça de la manière la plus discrète possible, pour opérer la conversion en douceur. Sans anesthésie.

lundi 16 novembre 2015

Arlette fait du sport

J'ai souscrit un mois de cette appli qui propose un programme personnalisé. Comme je m'étais déjà débattue avec mon device (cool, les achats sur applestore "famille", tu payes et tu cherches qui peut accéder à ton appli, et faut te dépêcher avant qu'on te l'ai chipée) , j'ai fait le test sur lequel la machine allait baser mon programme d'entraînement un peu par dessus la jambe (en fait, allongée sur mon lit, en calculant au pif ce que j'allais répondre. Fallait pas charrier, les exercices étaient trop compliqués pour être maîtrisés par une blonde de mon niveau, qui plus est obligée de mettre ses lunettes).
Mal m'en a pris car le bazar m'a imaginée bien plus "avancée" que je ne le suis en réalité. Du coup, le programme livré ce matin était plutôt hard.
Je vous le dis tout de suite, il faut un jour "pour rien" pour déjà comprendre où appuyer pour que l'entraînement soit comptabilisé. Je reste toujours ébahie devant des outils soit-disant intuitifs, qui ne te disent rien.
Ceci dit, ce "coup pour rien" était plutôt sympa. Il faisait chaud à l'ombre, j'ai bien transpiré et apprécié la douche qui a suivi, et je suis certaine que demain, j'optimiserai. En attendant, j'évite de descendre les escaliers.

Arlette choisit l'amour

C'était dans l'air depuis un moment. Et puis, il y a eu ces mots "tu mérites vraiment qu'on t'aime", et cette pensée partagée "une nuit, j'ai eu un déclic, je me suis rendue compte que je ne m'aimais pas assez et ça m'a reconnectée".

Il a fallu un peu de temps pour que ça fasse son chemin. Et l'évidence est apparue. Qu'est-ce qui dépend de moi?

En langage jeu vidéo : comment augmenter des points de vie d'amour?

En m'aimant plus.

On n'est jamais si bien servie que par soi-même.

samedi 7 novembre 2015

Arlette et le crime du comte Neville

Il m'a fallu arriver au milieu du roman, après l'avoir pris et repris plusieurs fois, pour ne plus l'appeler "le comte de Neville".
Ma première rencontre avec Amélie remonte à onze ans (je vous fais grâce du "en arrière"). Elle faisait beaucoup parler d'elle à cette époque et ça m'énervait; j'avais donc décidé de la boycotter. En effet, ce battage m'insupportait.
Et puis, alors fraîchement accouchée de Bambin, allaitante et désespérée à la tête d'une montagne de kilos à perdre, j'avais écouté lors d'une descente dans le midi, "Biographie de la faim". Premier contact. Vinrent "Stupeur et tremblements" puis "métaphysique des tubes", comment y échapper.
Mais, récemment, j'ai passé une heure délicieuse en compagnie d'une interview par Laure Adler. J'ai aimé la diction étrange de cette fille bizarre, sa voix qui cadre étrangement bien avec ses photos non retouchées, et j'ai adoré "Le Comte Neville", que j'ai lu comme un théâtre.
Ma scène préférée, l'arrivée des invités, et la transformation de Neville. Je voyais les bulles de champagne (la cuvée Grand Siècle), la légère ébriété flirtant avec les jeux de lumière sur les pelouses du Pluvier, bref, j'y étais.

Du coup, "amour impossible" d'Angot, qui attendait son tour, est reparti à la médiathèque de Roquefort "unread". Et je peste contre la langue française qui ne nous donne pas d'équivalent.

mardi 27 octobre 2015

Arlette et son poisson

 J'avais fabriqué ce poisson, dans une vie antérieure. Un atelier de dame, l'après-midi, chez une fille délicieuse, Roseline. Puis je l'ai transporté dans ma nouvelle vie. J'y ajoutais de temps en temps un ruban, une carte, une image, ces insignifiantes dont j'étais seule à connaitre la valeur.

Devenu indésirable, il a disparu cet après-midi dans la benne de la déchetterie. Son éviction s'est faite en plusieurs étapes. Petit à petit il est sorti de la maison, a séjourné sur la terrasse, puis dans le coffre de la voiture...
Quelle fierté d'avoir réussi à me délester de ça aussi! 
Comme le fidèle qui travaille à gagner son ciel, je progresse doucement vers l'indifférence totale. Et salvatrice.

On s'évertue à enseigner aux enfants le respect des personnes  et des objets. C'est ridicule. La plupart s'attachent. Alors que le bonheur et le salut résident dans l'indifférence.
Et le détachement.

Arlette révise sa leçon

Aujourd'hui, j'ai ressenti de la colère. C'est un sentiment étrange et auquel je ne suis pas habituée. Je l'ai examinée avec un peu de recul. Tiens? Salut, qu'est-ce que se passe? (la formulation ne comporte pas de faute de frappe). Comment se fait-il que tu sois là?
On a conversé, dialogué et je l'ai accueillie, accorte.

Et puis, il y a eu ce post d'une amie. "La fin d'un amour", les feuilles rouge sang, tout ça.

Et aussi le temps un peu maussade, la bruine de ce mardi.

La leçon sur les phases du deuil. Là, sur l'image. Elle sait le chemin qu'elle va devoir parcourir, si elle ne tente pas de revenir en arrière.

Mais où sont les pleurs, la tristesse, la douleur?

Arlette se penche en arrière

Se pencher en arrière, c'est dangereux. On risque gros. Il suffit de peu. Une seconde d'inattention, un regard détourné, et c'est la chute...
Aujourd'hui, je me suis penchée. Un jaillissement de lucidité, un éclairage différent, qui sait? Certains enfants se comportent comme des adultes responsables et civilisés, faisant par là preuve d'une maturité admirable , une façon comme une autre de manifester son amour à son papa ou à sa maman.

Je me suis entendue l'expliquer à un proche.
Moi, qui donne des leçons alors que j'ai perdu un fils pour avoir refusé le compromis et le chantage.
J'ai entendu sa voix pour la dernière fois le 3 juin 2012. Une salve d'insultes. Un texto lâche et bidon.
La magie du cloud qui permet de remettre des dates, là où la mémoire finit pas faire défaut et jouer les complaisantes. Le noter dans le carnet-à-qui-on-peut-tout-dire.

Il aura 20 ans dans quelques mois.
Dont presque 4 de silence. D'oubli. De Néant.

lundi 5 octobre 2015

Arlette et son robot

Quand on l'a "eu", on l'appelait "le chien". Chez d'autres, c'est "good boy". Ce qui est certain, c'est que cet engin a autant de cervelle qu'un clébard et obéis aussi bien qu'un gamin. Lancez-le à un bout de la maison, le temps de ranger deux bricoles, il a trouvé moyen de sortir, alors qu'il y a des tas de bonnes choses à manger à l'intérieur.
L'I.A n'est quand même pas prête à remplacer la ménagère avisée...

Arlette et les meubles merdiques

Je vous présente un vestige du passé qu'on appelle pompeusement meuble "living". L'étagère à tout faire, moche vide, moche garnie, moche quoi qu'on fasse. Elle a été casée dans un coin discret (la salle télé), mais malgré tout, elle dénote. Vous aussi, vous devez bien avoir une ou deux horreurs héritées du passé, que vous ne voyez même plus.


La photo qui suit est édifiante: 15 cm strictement inutiles, qui se couvrent d'une fine poussière en 3 jours, et bouffent au sol 1/3 de m2. Ce qui à 2000€ HT en moyenne du m2, nous coûte la bagatelle de 720€.
Je ne compte même pas les heures passées à "faire la poussière", qui, valorisées au tarif femme de ménage déclarée en vigueur, finiraient pas vous rembourser votre semaine au club med.


Je me suis donc demandée si les suédois s'en tiraient mieux. Voyez vous-mêmes. Mais il est encore possible d'optimiser. C'est pourtant pas dur de mesurer la BD AVANT de construire la bibliothèque!


Arlette coupe son rosier Centifolia

C'était pas la saison.
C'était peut-être pas la bonne lune.
Mais c'était une question de survie.
Reste à savoir de quoi.
Il était superbe. Haut, touffu, généreux. Même si cette année, il avait fleuri avec beaucoup de parcimonie. Il n'était pas tombé malade, et formait un rempart vert protecteur, sur le chemin de la piscine.
Toutes ces branches, dans la brouette (la 3 ème!) faisaient comme un corbillard. Un tombereau qui part vers le cimetière. A force de littérature sur la taille des rosiers, j'en ai conçu une appréhension irraisonnée.
Ce rosier Centifolia, c'était un cadeau de Suzanne. Elle est morte il y a deux ans. Je l'avais aperçue penchée sur une route de salades, dans son potager. Quand elle s'était redressée, j'avais cru voir ma grand-mère. On avait sympathisé. Je passais la voir, je lui achetais des légumes, on papotait tomates, courges, jasmin. Elle me racontait la cueillette, quand elle était jeune fille. puis un jour, elle a tiré de dessous son "galant de nuit", un pot avec une bouture de rosier. La vraie rose de Mai. Je l'ai chouchouté, et quand je suis adossée sur mon lit, je le vois voyais par la fenêtre.
Tant bien que mal, j'ai taillé des boutures. Les ai piquées un peu partout, pour démultiplier les chances de reprise. Dégarni les grosses branches épineuses, pour en faire des remparts de protection contre les nuisibles.

Le rempart vert a disparu. On aperçoit à nouveau un fil électrique, des marques de "civilisation". Superstition ridicule. J'ai peur. Qu'il ne s'en remette pas.